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dimanche 5 mai 2013

Le bleu est une couleur chaude - Julie Maroh (Glénat - 2010)

Cannes J-10


Pour préparer au mieux le Festival de Cannes, je vais profiter de ces 10 derniers jours pour lire  ou voir des œuvres en rapport avec les films que je verrai là-bas.

Aujourd'hui, j'ai découvert la très bonne BD "Le bleu est une couleur chaude". Julie Maroh, auteure de bande dessinée, illustratrice et blogueuse, ouvertement gay, propose ici une histoire d'amour entre deux personnes : Emma et Clem. Leur particularité : être toutes les deux du même sexe. 

On y retrouve, bien sur, toutes les particularités liées à cette situation (le déni de Clem, et sa douloureuse auto-persuasion d'être normale, le secret puis le coming-out et ses répercussions comme le rejet de certains être chers ou le rejet social) et en même temps, cela reste une "banale" histoire d'amour (la rencontre, le flirt, le sexe, les disputes, les regrets,...). Banale n'est pas à prendre au sens péjoratif du terme, mais dans le fait d'être universelle quelque soit son sexe, et quelque soit la personne que l'on aime.
Et toute la beauté de cette BD, c'est de rendre cette "banale" histoire d'amour exceptionnelle ! Autant pour ceux qui la vivent, que ceux qui la lisent. La BD mélange les points de vue d'Emma (la fille aux cheveux bleus qui passe la soirée avec les parents de Clem, une fois celle-ci décédée) et de Clem (à travers son journal intime que découvre Emma). On navigue constamment entre ces deux points de vue pour découvrir leur histoire. Pour rendre la lecture plus facile Julie Maroh utilise la couleur pour Emma et le noir et blanc (+ le bleu des cheveux) pour Clem.

Cette utilisation raisonnée de la couleur, et notamment du bleu dans le noir et blanc, donne de la force aux sentiments de Clem pour Emma. Elle accentue le faite qu'Emma est unique à ses yeux, qu'elle l'aime et la désire parce que c'est Elle, et pas simplement une fille. Le dessin de Julie Maroh, entre le crayonné et le pastel convient tout à fait à l'ambiance de cette bande dessinée qu'on lit avec tendresse.

La force de ce livre, c'est aussi de nous faire oublier le décès de Clem (alors que le livre démarre là dessus). On lit, on découvre Emma et Clem. On poursuit la lecture, on commence à apprécier Clem et l'on se dit qu'elle ne peut pas mourir. On continue à lire, on s'attache à leur histoire et on oublie que la fin est fatale et quand on arrive à la fin, on est bouleversé par ce qui arrive. 

Je me demande si le film permettra cette même immersion dans leur histoire, et si la fin paraitra aussi brutale. Peu d'images ont filtré de ce film qui s'intitulera en France "La vie d'Adèle", réalisé par Abdellatif Kechiche (La Graine et le mulet, L'Esquive, La Faute à Voltaire)
Lea Seydoux interprétera le rôle d'Emma et Adèle Exarchopoulos le rôle d'Adèle (Clem dans la BD). 


samedi 13 avril 2013

Cloud Atlas - Wachowski & Tykwer (2013)

Synopsis : À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement… Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié. (source allociné)

Avis : Il parait (moi, je n'en ai aucune souvenir) que j'ai essayé de lire le livre et que je l'ai détesté.... Pourtant, j'ai adoré le film. Les 6 histoires s’entremêlent de manière fluide,  interagissant parfois l'une sur l'autre de manière surprenante. Les passages d'une histoire à l'autre sont toujours très travaillés visuellement, créant une atmosphère commune à ces 6 histoires pourtant très différentes. Les mêmes acteurs jouent jusqu'à 6 rôles différents (j'avoue ne pas les avoir toujours reconnus tellement les maquillages sont bluffants) ce qui laisse penser à la réincarnation. Et ce qui est tout à fait inédit, c'est que suivant les périodes, ils jouent soit les gentils soit les méchants. Ce film est riche de détails visuels, de détails scénaristiques, ce qui donne envie de le revoir pour s'intéresser plus particulièrement aux détails secondaires qui foisonnent dans le film.

Bonus : une réflexion des réalisateurs et des acteurs sur les multiples possibilités de ce film...


jeudi 4 avril 2013

Puggy - To win the world (2013)

Puggy en concert

J'adore ce groupe et sa musique. Difficile de dire pourquoi... son côté pop ? leurs refrains entêtants ? leurs clips, toujours beaux et bien réalisés ?
Et j'avoue ne pas avoir été déçue par leur concert. Ils se donnent à fonds pendant deux heures et arrivent à créer une belle osmose avec le public.
Un très chouette moment partagé entre amies

Comme dirait Puggy :
"Bordeaux, you were amaaaaaaaazing !!!
Thank you so much"


Bonus :  Un lien vers une vidéo tournée lors du Concert Privé Virgin Radio au Sentier des Halles (Paris) qui reprend une grande partie du concert que j'ai pu voir.

lundi 18 février 2013

Wadjda - Haifaa Al Mansour (2013)

Synopsis : Wadjda, douze ans, habite dans une banlieue de Riyad, capitale de l’Arabie Saoudite. Bien qu’elle grandisse dans un milieu conservateur, c’est une fille pleine de vie qui porte jeans et baskets, écoute du rock et ne rêve que d’une chose : s’acheter le beau vélo vert qui lui permettra de faire la course avec son ami Abdallah. Mais au royaume wahhabite, les bicyclettes sont réservées aux hommes car elles constituent une menace pour la vertu des jeunes filles.
Wadjda se voit donc refuser par sa mère la somme nécessaire à cet achat. Déterminée à trouver l’argent par ses propres moyens, Wadjda décide alors de participer au concours de récitation coranique organisé par son école, avec pour la gagnante, la somme tant désirée.

Avis :  Un film léger et touchant, qui comme l'Etrangère, parle de la condition des femmes dans une société profondément machiste, mais cette fois-ci en Arabie Saoudite (d'ailleurs, Haifaa Al Mansour est la première femme réalisatrice de ce pays). Wadja, mini rebelle aux converses, va tout faire pour réaliser un rêve d'enfant, faire une course à vélo avec son ami Abdallah... Elle jongle entre son rêve et ses obligations et réussi à conjuguer les deux le temps d'un concours de récitation coranique. La réalisatrice réussit l'exploit de faire ce beau film sans colère ni provocation et pourtant, c'est un film véritablement féministe où la Femme est mise en valeur. Le film est porté par une excellent jeu d'acteur, notamment la jeune Waad Mohammed qui interprète Wadjda.

Bonus : un commentaire de la réalisatrice (sur le site prettypictures.fr) :
"Je suis si fière d’avoir écrit et mis en scène le premier long métrage jamais réalisé dans le Royaume. Je viens d’une petite ville en Arabie Saoudite où on trouve beaucoup de petites filles comme Wadjda. Des petites filles qui ont de grands rêves, de fortes personnalités et tant de potentiel. Des petites filles qui peuvent, et pourront re-façonner et re-définir notre nation.
J’espère sincèrement que le film offre une vision intérieure unique de mon pays, et qu’il parlera à tous, à travers ces thèmes universels que sont l’espoir et la persévérance."

mercredi 13 février 2013

L'Etrangère - Feo Aladaq (2011)

synopsis : Pour protéger son fils de son mari violent, Umay, une jeune femme turque d’origine allemande, quitte Istanbul et retourne vivre dans sa famille à Berlin. Mais les membres de sa famille, prisonniers des valeurs de leur communauté, ne l’accueillent pas comme elle l’espérait. Umay est obligée de fuir à nouveau pour épargner le déshonneur aux siens.

Avis :  Un film bouleversant et magnifique qui a reçu 5 prix (dont le label Europa cinemé au Berlinale de 2010) et a été 13 fois nominé... Un coup de cœur, en ce qui me concerne, tellement le personnage d'Umay est magistralement interprété par Sibel Kikilli. (Head On, son premier film est en tête de liste de ma FAV - Film à Voir). Ce film nous fait entrevoir le poids des traditions familiales dans la communauté turque, qui conduisent ici à des excès irréversibles (la fin est tout simplement horrible...). Mais c'est bien plus qu'une certaine partie de la communauté turque qui est visée, ce sont toutes les violences faites au femmes à cause du qu'en dira-t-on qui sont ici dénoncées ! Merci à Feo Aladaq d'avoir oser traité ce sujet dans ce premier film en tant que réalisatrice.

Bonus : Pour le plaisir des yeux, voici quelques images d'Umay interpreté par Sibel Kikilli.






lundi 14 janvier 2013

La part des anges - Ken Loach (2012)

Synopsis : A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Il croise la route de Rhino, Albert et la jeune Mo lorsque, comme eux, il échappe de justesse à la prison mais écope d’une peine de travaux d’intérêts généraux. Henri, l’éducateur qu’on leur a assigné, devient alors leur nouveau mentor en les initiant secrètement… à l’art du whisky ! De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un réel talent de dégustateur, bientôt capable d’identifier les cuvées les plus exceptionnelles, les plus chères. Avec ses trois compères, Robbie va-t-il se contenter de transformer ce don en arnaque - une étape de plus dans sa vie de petits délits et de violence ? Ou en avenir nouveau, plein de promesses ? Seuls les anges le savent…

Avis :  Grâce aux incontournables UGC, j'ai enfin pu voir ce petit chef d’œuvre que j'avais loupé à Cannes et ensuite dans les salles l'année dernière. J'adore Ken Loach comme réalisateur parce qu'il ancre toujours ces histoires dans une réalité sociale forte et qu'il déniche souvent de nouveaux acteurs tout simplement fabuleux. Ici, c'est Paul Brannigan qu'il nous fait découvrir et j'avoue avoir un faible pour cet acteur. J'irai voir Under the skin juste pour sa présence dans le casting. Pour un Ken Loach, ce film est extrêmement joyeux et positif. On a beau attendre la tuile qui va transformer ce jolie conte en cauchemar, elle ne vient pas. Et l'on ressort de ce film avec le sourire au lèvres.

Et pour couronner le tout, l'affiche (que j'affectionne tout particulièrement) a été faite par Tomy Ungerer, un célèbre autour de jeunesse dont le livre Jean de la Lune adapté pour le cinéma est actuellement dans les salles obscures !

Bonus : Pour votre plaisir (et surtout le mien), voila quelques photos de Robbie (Paul Brannigan) en supplément.





mardi 8 janvier 2013

Cinéma Paradiso - Guiseppe Tornatore (1988)

Synopsis : Alfredo vient de mourir. Pour Salvatore, cinéaste en vogue, c'est tout un pan de son passé qui s'écroule. On l’appelait Toto a l'époque. Il partageait son temps libre entre l'office où il était enfant de chœur et la salle de cinéma paroissiale, en particulier la cabine de projection où régnait Alfredo...

Avis :  J'ai eu un coup de cœur pour ce film. Sûrement parce qu'il me rappel mon stage en tant que projectionniste et tous les bons moments qui y sont liés. Mais c'est aussi parce qu'il fait revivre le cinéma d’antan, un moment de partage et de lien pour une communauté. L'interprétation des acteurs y ait aussi pour quelque chose : Toto et son éternel enthousiasme pour le cinéma et Alfredo, bougon, mais tellement paternel avec Toto. Enfin, la musique d'Ennio Morricon qui prend au tripe et qui m'ouvre les portes du cinéma Paradiso à chaque fois qu'elle retenti. (BO a écouter ici)

Extrait :

samedi 5 janvier 2013

Fuir les Taliban - André Boesberg (Thierry Magnier - 2011)

Quatrième de couverture : Quand on croise un talib, ne jamais le regarder dans les yeux. Toujours sortir avec son turban ou son tchadri. Être sans cesse sur le qui-vive. Un tube de rouge à lèvre dans un sac, une sortie en ville sans chaperon (pour les femmes) peuvent vous valoir des coups de fouet ou pire...
Sohaïl apprend tout cela, de force. Lui dont la famille était ouverte, où chaque enfant avait sa chance. Ceux qui résistent sont en danger de mort, il faut partir. Commence alors la fuitev à pied à travers la montagne, puis en train dans des paysages inconnus. Il n'a pas pu dire adieu à son ami Obaïd. Il ne veut pas s'éloigner de son pays. Et son père ? Reverra-t-il son père ? Quelle vie l'attend là-bas, si loin...

Avis : Ce roman, inspiré de l'histoire vécue de Sohaïl Whahedi, m'a beaucoup touché notamment parce qu'il est raconté à auteur d'enfant. C'est à travers ces yeux que l'on découvre la folie des talibans et du mode de vie qu'ils imposent à tous. A travers ces paroles que l'on comprend la difficulté de vivre dans un monde où l'on ne peut faire confiance à personnes. A travers ses émotions que l'on ressent ce que veut vraiment dire être exilé.
André Boesberd a une écriture qui m'a vraiment plus (vous pourrez en juger vous-même dans l'extrait ci dessous). Je lirais avec plaisir ses prochains livres disponible en français. (Pour l'instant seul celui-là a été traduit.)

Extrait :
- J'ai entendu une histoire bizarre au stade, dit Mounir.
- Raconte ! dit Obaïd.
- A propos d'un cadavre...
- Un cadavre ? Quel cadavre ?
Mounir commence à rire.
- C'est trop loufoque !
- Alors, raconte ! crie Obaïd. Tu me rends fou !
- oh oh ! dit Mounir. On transportait un cercueil avec un corps dedans en direction d'Herât. Pour l'enterrer. La voiture est arrêtée à un barrage de taliban. Les soldats veulent qu'on ouvre le cercueil. ça va, je raconte bien ?
- Continue ! grommelle Obaïd.
- Bref, les talibans ouvrent un cercueil, comme je l'ai dit. Et ils se mettent en colère.
- Pourquoi ? dis-je.
- Ils avaient sans doute encore pris quelque chose, je suppose. Ces boucs sont constamment drogués ! Tout tourne autour de la came, dans ce pays !
Les champs de pavot ! me dis-je, en repensant à ce que m'a un jour expliqué mon père. Les taliban gagnent des millions de dollars avec l'opium. Il suffirait de brûler les champs de pavot, et ils se retrouveraient totalement impuissants.
- Continue ! répète Obaïd.
- Les taliban ont trouvé que le cadavre avait la barbe trop courte. Alors...
- Non ?!
- Si ! ils lui ont donné vingts coups de fouet !
Nous éclatons de rire. On reprend notre souffle en même temps, Obaïd et moi. On échange un regard, et hop ! C'est reparti pour un nouveau fou rire. Comme ça fait du bien.